Cette fois, on est vraiment dans la merde

Aujourd’hui, on fait original: on parle de coronavirus. Enfin je suis reconnaissant à la charmante petite bibitte de me permettre d’introduire un sujet passionnant et qui nous touche ô combien dans notre quotidien : la 💩 .

En matière de résilience on ne parlera jamais assez (et on en parlera encore énormément) de la capture d’énergie. Mais l’attitude pratico-pratique de mes concitoyens qui dévalisent les Costco en papier hygiénique me rappelle qu’il n’est pas inutile de parler d’évacuation des déchets. En passant, voir les gens à court du précieux papier se jeter sur les mouchoirs en papier et les Scott-towels (essuie-tout) me laisse croire que certains plombiers suspendent en ce moment des affiches à l’effigie du virus au-dessus de leur lit…

Nous allons aller du plus hard-core vers le plus naturel et bucolique.

On commence avec la solution hard-core, celle que tout le monde y compris sûrement vous-même utilise : le papier « hygiénique ». Cette fascinante vidéo que je recommande chaudement vous démontrera que le papier hygiénique est du point de vue purement fonctionnel sous-optimal, et que l’essentiel de sa réussite est d’étaler la 💩. Bien sûr je ne vous recommande pas des vidéos de 💩, celle-ci est réellement intéressante car elle utilise le prétexte de la 💩 pour vous intéresser à un sujet fascinant : le rapport social de l’homme aux innovations. Rapport qui mène l’homme à étaler quotidiennement sa 💩 plutôt que l’ôter et la nettoyer de façon réellement hygiénique. La vidéo et les explications de l’analyste valent vraiment le détour.

La solution-problème : le traditionnel PQ.

Cette solution n’en est pas une. C’est un PROBLÈME. Car si vous reprenez ma conférence et le modèle d’analyse que je propose (analyse ressources/énergie/rejet), le tableau est tout simplement 💩-ique. Imaginez tous les arbres qu’il a fallu raser pour faire ces quantités astronomiques de PQ. Imaginez tous les écosystèmes qui sont ainsi détruits. Imaginez toute l’énergie qu’il a fallu mobiliser pour récolter les arbres, puis pour les transformer en PQ. Imaginez tous les rejets qu’il a fallu occasionner pour blanchir la pâte à papier. Imaginez toute l’énergie qu’il a fallu dépenser pour acheminer le précieux PQ dans les réseaux de distribution (et plus souvent qu’autrement emballé dans du plastique jetable). Imaginez les combats aux corps-à-corps auxquels ils vous faut vous livrer dans les points de distribution pour vous procurer le précieux PQ en pleine épidémie de coronavirus. Et tout cela pour rendre un endroit naturellement rose encore plus brun.

Avec le papier hygiénique, on est vraiment dans la merde, et grâce à votre ami Nafnaf, ça ne va pas durer éternellement.

On passe à la solution 2.0 : le bidet.

Il s’en vend des quantités de modèles, du plus basique au plus high-tech. Vous le devinerez aisément, les modèles high-tech se font mortellement pincer à l’analyse ressources/énergie/déchet. Systématiquement, dans les bidets comme ailleurs, les solutions les plus robustes, les plus résilientes, les plus économiques, les moins énergivores, les moins gourmandes en ressources, les moins génératrices de déchets, les plus démocratiques, les plus réparables, bref les plus « Monde Nouveau » sont les solutions low-tech.

Et c’est avec fierté que je vous propose une création québécoise bien de chez nous, qui ne fleure pas la sève d’érable mais presque : le bidet Bidex.

Il est distribué par la compagnie Pro-vac.

Imaginez les économies de toutes les horreurs précédemment détaillées avec le papier non-hygiénique. Car cette fois, avec le bidet, le résultat est réellement hygiénique : lorsqu’utilisé correctement (plusieurs va-et-viens rapides de la manette) le résultat est parfaitement rose et naturel.

Quand vous irez vous cogner le nez sur des étalages vides de papier non-hygiénique, ou contre le poing d’une rivale pour l’obtention de la précieuse non-solution, vous aurez une pensée pour votre lecture de l’instant.

Mais, voyez-vous, ici sur ce blogue on va encore plus loin. Il nous faut cette fois la solution de l’adaptation profonde. Celle qui allie le renoncement (je sais pas pourquoi, je pense que rendu là vous pourriez aisément vous imaginer renoncer au papier non-hygiénique), résilience et réparation.

Car notre bidet, bien que très supérieur au papier non-hygiénique, est tributaire d’un réseau d’aqueduc sous pression. Donc tributaire d’un réseau énergétique, habituellement électrique, donc susceptible de rencontrer de très sérieux problèmes dans les années ou secondes à venir.

C’est pourquoi il nous faut parler de la solution ultime 3.0 : le fumain (mot-valise pour fumier humain). Je voudrais tellement vous partager la vidéo de mon prof de permaculture, Geoff Lawton, se plonger les mains avec délectation dans un fumier humain adéquatement composté (et donc totalement sain et dépourvu de pathogènes), qui fera un excellent engrais pour la culture d’auto-suffisance : on boucle la boucle du carbone, de l’azote et du phosphore. Malheureusement les vidéos de Geoff sont restreintes aux accès de ses étudiants (sauf les vidéos gratuites sur le lien que je vous ai précisé).

*** MAJ 2020/03/15 : vous voulez voir du fumain, et comment on le valorise? J’ai trouvé ce petit bijou pour vous 🤗 ***

Je vous le garantis, le fumain c’est l’avenir et la parfaite solution en adaptation profonde.

Les toilettes de l’avenir : sans énergie, en ressources renouvelables et produisant des ressources renouvelables.

Quand je serai sur ma ferme en train de produire mon propre compost pour mes cultures d’auto-suffisance, j’aurai une pensée triste en pensant aux combats au corps-à-corps dans les épiceries pour du papier non-hygiénique qui aura fait raser des forêts et polluer des rivières. J’aurai aussi une pensée triste pour tous les gens qui vivront des coupures de courant majeures et qui devront vivre avec des toilettes qui n’évacueront plus et des bidets qui ne fonctionneront plus.

Bref, je penserai avec tristesse et compassion aux souffrances du Monde Ancien, ce monde de 💩, et après avoir terminé ma besogne terrestre je me relèverai et me tournerai vers le Monde Nouveau, ce monde qui tourne le dos à détruire et consommer et qui au contraire choisit de réparer et mettre la bienveillance du coeur et de l’esprit en action, jusque dans les recoins les plus intimes.

Le Retour du Roi

J’aurais tellement aimé faire original et ne pas parler du coronavirus, mais peine perdue, la marée de bonnes nouvelles que la sympathique petite bibitte charrie avec elle me submerge. Et pour une fois, point d’ironie. Ce microbe est comme Dennis Meadows, l’auteur de « Halte à la Croissance » : détesté de tous, il a pourtant tellement à nous apprendre, assez pour qu’on change le monde, qu’on le rende pas mal meilleur, et qu’on sauve nos enfants d’une fin chaotique (et passablement sanglante) du Monde Ancien.

Aussi minuscule soit-il, COVID-19 a fait exploser une fondation que tout le monde, y compris moi-même, croyait inébranlable. Cette fondation, c’est le fait que le Roi ait abandonné son trône aux marchands.

Jusqu’à hier, l’économie, et donc les marchands, régnaient sans concession sur le monde, le massacrant joyeusement en autant qu’ils s’enrichissent. Nous avions eu droit à l’émouvant « Je n’ai qu’un adversaire, c’est le monde de la finance » de François Hollande (alors qu’il avait mandaté un jeune banquier d’affaires nommé Emmanuel Macron pour rassurer les marchés de la City de Londres pendant qu’Hollande jouait sa pièce de théâtre…). Nous avions eu droit à toutes les promesses bafouées qu’un jour le tenant de la loi servirait les citoyens plutôt que les marchands. Manque de chance, les rois étaient (et le sont encore) des pantins animés par les marchands. Que cette façon de faire nous appauvrisse et promette l’enfer à nos enfants n’y change rien. Et du monde se surprend encore de voir des guillotines réapparaitre pour décapiter des effigies de Macron…

Depuis les Assyriens, le Roi a toujours régné sur tout le monde, y compris les marchands. Ainsi, lorsque l’économie s’emballait et que les dettes paralysaient le royaume, le Roi a toujours eu le pouvoir de décréter l’annulation des dettes, et il a régulièrement usé de ce pouvoir. Ça c’était avant que les populations soient tellement endoctrinées qu’elles se sont mises à élire en lieu et place de Rois des représentants de commerce, qui n’ont eu de cesse de protéger les marchands. Tout comme Macron protègera toujours les banques d’affaires avant les citoyens, et tout comme Trudeau protègera toujours les pétrolières avant les citoyens.

Ça c’était jusqu’à hier le mercredi 11 mars 2020, date à graver dans le marbre.

Car à cette date un homme s’est levé. Giuseppe Conte, premier ministre italien issu du mouvement de gauche cinq étoiles (oh non!!! les co-co 😱 les co-co😱 les communiiiiiiiiistes 😱) s’est rappelé qu’il est le Roi, et a décrété pour raison sanitaire la fermeture de tous les commerces sauf ceux de l’alimentation et de la santé.

La dernière phrase de l’article sonne comme une cloche qui annonce des temps nouveaux : « Il a également décidé un moratoire sur le remboursement des prêts immobiliers. »

Le « détestable populiste de gauche » (selon les media à la botte des représentants de commerce) Giuseppe Conte

Ce qui en terme historique revient à dire que le Roi est de retour. Après que les marchands (qui ont financé la révolution française) eurent fait décapiter le Roi, pourrait-on imaginer un Roi qui nous débarasse (idéalement sans guillotine) des marchands?

Après que la crise du COVID-19 se soit résolue (car les crises se déclarent, se déroulent, et se résolvent), nous pourrons rappeler que les seuls morts seront le fait du virus et non pas de la décroissance qu’il aura induite. Nous pourrons pleurer les dizaines (centaines ?) de milliers de morts en rappelant que dépasser 1,5ºC de dérèglement climatique en occasionnera au moins cent fois plus.

Le cynisme et la cupidité destructrice de nos représentants de commerce nous pousseront-ils à souhaiter d’autres pandémies de ce genre, pour qu’enfin les Rois mettent la croissance là où elle doit se trouver, c’est-à-dire sous la botte?

Pourrons-nous enfin rêver d’un monde où l’épanouissement et la bienveillance primeraient sur l’enrichissement de nos tortionnaires?

Lundi cinéma : les chasseurs de chasseurs de licornes

Aujourd’hui je vous propose l’entrevue Thinkerview de deux chasseurs de chasseurs de licornes, deux ingénieurs qui ont choisi l’éthique et l’honnêteté intellectuelle avant leurs fantasmes, leurs intérêts économiques, la gloriole et tout le toutim.

Le premier, Jean-Marc Jancovici, est expert énergie et climat et milite pour la décarbonation de l’économie, ce qui revient, si vous avez bien suivi jusqu’ici, à militer pour la décroissance énergétique, donc pour la décroissance tout court.

Le second, Jean-Marc Bihouix, est spécialisé dans la question des ressources et le rapport de l’humain à la technologie. Il milite pour l’économie des ressources, ce qui revient, si vous avez bien suivi jusqu’ici, à militer pour la décroissance de l’usage des ressources, donc pour la décroissance tout court.

L’un et l’autre ont un hobby commun : la chasse aux chasseurs de licornes. Et Dieu sait à quel point on en a besoin!

Deux ingénieurs donnent l’heure juste

Habiter le Monde Nouveau

Tranquillement on va commencer à parler des solutions, je me doute que vous en avez marre que je vous parle des problèmes.

Pourtant, le problème est si grand, si fort, si terrible, si tentaculaire, que c’est selon moi une grave erreur d’en faire l’économie. Je commence à caresser l’idée d’alterner articles sur les problèmes et articles sur les solutions.

Dans mes derniers articles, j’ai pris le temps de vous parler d’un problème qui n’en est pas un petit : l’énergie. Aujourd’hui pause de drame et de cauchemars, on parle d’une solution énergétique qui est toute aussi puissante que le problème énergétique : l’habitat bioclimatique.

Qu’est-ce que l’habitat bioclimatique? C’est un habitat qui a été conçu pour maximiser l’usage de ressources non-extractives (donc gratuites et renouvelables) afin de procurer un habitat fonctionnel, sain et adapté à son environnement (car qui est inadapté à son environnement meurt… suivez mon regard tellement subtil).

L’habitat bioclimatique est conçu pour s’adapter à son environnement immédiat, et comme il existe une multitude d’environnements immédiats, il existe une multitude d’habitats bioclimatiques, ce qui me rend la tâche de vous présenter un « one size fits all » complètement impossible parce que dans le Monde Nouveau le « one size fits all » industriel du Monde Ancien n’existe tout simplement pas.

L’idée est de valoriser au maximum :

  • l’exposition solaire en hiver pour bénéficier de l’éclairage et de l’énergie thermique;
  • l’abri solaire en été pour minimiser l’éclairage et l’énergie thermique;
  • l’exposition solaire pour bénéficier de l’apport énergétique convertible en énergie électrique par panneaux solaires;
  • l’exposition au nord pour bénéficier du refroidissement passif;
  • la protection à l’égard des vents pour limiter les écarts de températures et le stress structurel;
  • la capture de l’eau de pluie pour bénéficier d’un apport en eau non extractive.
Concepts de l’habitat bioclimatique

Comme vous pouvez le noter dans le schéma ci-dessus, les végétaux environnants sont mis à contribution, et c’est quelque chose qu’il est difficile de mettre en oeuvre en ville.

L’été le soleil est haut, ce qui permet la mise en oeuvre d’ombrières (en quelque sorte des casquettes), et l’hiver le soleil est bas, ce qui permet de favoriser la pénétration des rayons solaires dans l’habitat, énergie qui pourra être capturée par un mur et/ou une dalle d’inertie thermique (communément appellée masse thermique), ce qui n’est rien d’autre qu’une indestructible batterie thermique.

Et tout cela à partir de matériaux locaux.

Si vous vous intéressez à l’habitat je conseille très fortement le certificat en design d’habitat bioclimatique de Solution Era qui diffuse avec intelligence et brio l’expertise en habitat bioclimatique. J’ai obtenu mon certificat avec eux au printemps dernier, ce qui me permet d’en parler avec une certaine aisance, mais si vous en avez les moyens, je vous suggère très fortement de suivre le certificat par vous-même pour une bonne conception de votre projet. L’EROI du certificat (rapport bénéfice/coût) est réellement extraordinaire, ne vous laissez pas arrêter par la question financière même si le certificat est en apparence coûteux.

Nous aurons plus tard de nombreuses occasions de parler finances et projet de transition du Monde Ancien vers le Monde Nouveau. Se faire un resto à 20$ qui se transformera en 💩 flushé dans des toilettes énergivores et gourmandes en eau a un très mauvais EROI. Payer 1800$ dans quelque chose qui contribue à vous mettre à l’abri de la plus catastrophique crise énergétique et de ressources de l’Histoire de l’humanité vaut quant à moi TRÈS largement le coups/le coût.

Solution Era est un organisme extraordinaire qui porte les inconvénients de ses avantages. Il est animé par des personnes énergiques et réellement extraordinaires qui font une vraie différence. Ceci dit elles ne s’intéressent qu’aux solutions. Parler du problème est chez eux complètement tabou. Je les comprends parce qu’ils vendent des solutions, pas des problèmes. Par contre ça les fourvoie dans quelque chose que je répète à qui veut m’entendre et me lire : pour apporter une bonne solution, il faut bien comprendre le problème.

Pour apporter une bonne solution il faut bien comprendre le problème.

Du coups, à un moment Solution Era parle de la quatrième révolution industrielle, qui est en fait une licorne grosse comme dix cachalots, portant cent-quatre-vint-six-cornes et dansant comme une danseuse étoile. Pourquoi? Car ce délire promu par l’économiste (encore un autre!) Jeremy Rifkin fait complètement l’impasse sur le monde réel, soit l’épuisement des ressources et de l’énergie. Bref, c’est aussi crédible que de scruter le ciel en attendant avec confiance que Luke Skywalker débarque dans son aile X avec son sabre-laser pour nous sauver.

J’ai essayé d’en toucher un mot à l’équipe de Solution Era, mais bon, ça a pas marché, encore une fois – j’ai l’habitude – j’ai probablement eu l’air d’un chien galeux avec un collier « Cassandre » autour du cou.

Mais pour l’habitation, allez-y les yeux fermés, c’est des pros, des vrais. Et en passant je leur dois de m’avoir initié à la permaculture, ce qui m’a amené à pousser mon apprentissage en permaculture plus loin, et c’est ça qui va faire la différence entre ceux qui tomberont dans le gouffre et ceux qui en réchapperont. Alors quand ils parleront de quatrième révolution industrielle, vous pouvez sortir de la salle pour aller boire un café, mais pour tout le reste sentez-vous privilégié de bénéficier de leur enseignement si vous avez la chance de le suivre.

À ma connaissance ils offrent la formation en présenciel et en ligne au Québec, et en ligne en France.

L’appel aux armes

Aujourd’hui je vous partage un appel aux armes, pour que vous compreniez bien mon appel à fuir.

Cet appel aux armes, ce n’est pas moi qui le lance, c’est quelqu’un qu’on ne pourra jamais mettre en prison même si c’est là qu’il va finir, c’est un personnage de fiction qui le lance : Jesper Berg, le premier ministre de la Norvège dans la série Occupied.

Je fais allusion à cette excellente série dans ma conférence. Cette série plonge le spectateur dans un monde que nous connaissons bien : le monde de la cupidité des puissants sur une planète aux soins intensifs.

Je vous encourage vivement à la regarder car elle est excellente.

La série commence ainsi : Jesper Berg est élu premier ministre de la Norvège. Nouveau premier ministre écologiste à la tête d’un pays qui vient de traverser une catastrophe climatique sans précédent (mais qui grâce à la croissance va en vivre de bien pires et pour longtemps), il décide de couper les vannes de l’approvisionnement en pétrole et gaz norvégiens vers l’Europe, et leur offre en échange un approvisionnement énergétique électrique grâce à des centrales nucléaires au thorium.

Tout le reste de la série se déroule dans les malheurs de Jesper Berg et de la Norvège, sous fond de tension intense avec l’Europe d’une part et la Russie d’autre part, car voyez-vous, comme je vous l’expliquais dans mon article précédent, l’énergie c’est la vie, et qui refuse de s’adapter et qui en veut toujours plus (soit quoi? 90% de la population?) ne réagira pas calmement.

La fin de la série se termine ici. Je me permets de la divulguer parce que d’abord cette fin est presqu’aucunement liée au reste de la série (donc on peut pas dire que je spoile), car ensuite l’urgence est telle que je n’ai pas le temps que vous décidiez de regarder la série dans trois mois et que vous en preniez trois autres pour la regarder, et pour finir car cette fin constitue un manifeste qui mérite très largement d’être partagé pour en comprendre les conséquences dans notre monde bien réel.

Après trois saisons de transactions politiques, de chantage, d’espionnage, de contre-espionnage, d’appel à l’aide de la population, de situations de guerre, d’opérations de communication, de luttes intestines, Jesper Berg se rappelle qu’il est entré en politique non pas pour avoir le pouvoir, mais pour lutter contre le dérèglement climatique. Il tente de renouer en vain avec une ancienne idylle activiste (laquelle ne croit plus en lui car le considérant avalé par les affres du pouvoir et déconnecté de la mission qui les avait rapprochés) avant de procéder à ça.

Si c’est par l’énergie que vient le problème, c’est par l’énergie que viendra la solution

Désolé de la faible qualité, incapable de capturer de la vidéo sur Netflix qui bride les logiciels de capture de vidéo, j’ai filmé l’écran avec mon cellulaire.

Très sincèrement, c’est comme ça que ça va finir selon moi.

Comment espérez-vous que va réagir une jeunesse dont on a détruit la planète, détruit le climat, qui sait qu’elle n’aura pas de retraite, et qui en perd même le goût d’avoir des enfants?

Un bon nombre se droguent dans les jeux vidéos, un certain nombre court dans les rues avec des pancartes au-dessus de la tête, un très petit nombre, et ça suffira très largement, fermera l’approvisionnement énergétique. Et je vous souhaite de tout coeur de ne pas être en ville quand ça va arriver.

Bien sûr, je ne peux m’empêcher de faire un coucou à mes amis les chasseurs de licornes qui disent déjà : « pfffffffff….. c’est que de la fiction…. mon pauvre gars t’es complètement taré d’y porter la moindre attention. » Disent ceux qui professent l’enrichissement par une consommation illimitée de ressources limitées.

Elle fait tourner le monde, elle dirige nos vies

Un vieil adage dit que ce qui fait tourner notre jolie planète bleue, c’est l’argent et le sexe. C’est pas mal vrai, mais c’est une réalité tronquée. Car celle qui fait véritablement tourner notre joyau, notre maison-mère la maison-Terre, et celle sans qui il n’y aurait ni argent ni sexe, c’est l’énergie.

Ce qui dirige tout ce qui se passe ici et ailleurs : l’énergie.


Très peu d’entre nous ont appris à l’école le minimum vital sur l’énergie. Très peu d’entre nous ont réalisé que le manque d’énergie c’est la mort, et croyez-moi, beaucoup vont bientôt le réaliser amèrement.

Le manque d’énergie, c’est la mort.

Voulez-vous un exemple de ce qui se passe quand il y a un manque d’énergie? Prenons la France, et plaçons-nous en plein mois de novembre 2018 : Monseigneur Macron, écologiste-capitaliste dans l’âme (cherchez l’erreur et rayez le mot incongru), désireux de sauver la planète sans surtout rien enlever à sa classe sociale de prédateurs, décrète une taxe sur l’essence afin de limiter l’usage du carburant fossile. Dans les faits, cela implique que les pauvres n’ont plus accès à l’énergie pour le transport automobile (puisque la vermine de prédateurs n’a jamais voulu développer les transports en commun). Résultat : la « France d’en bas » (terme tellement péjoratif) se soulève tellement fort qu’elle va jusqu’aux portes du palais de l’Élysée sous lequel Macron se terre dans son bunker en suant chemise et salissant sous-vêtements.

Imaginez ce que va produire la traversée du pic pétrolier (au plus tard en 2025). Selon l’armée allemande, ça promet d’être joyeux.

C’est pourquoi voyez-vous, la trigonométrie, la loi du marché libre et autres niaiseries scolaires, n’ont en rien préparé ni notre jeunesse, ni nous-mêmes, à la réalité physique.
Évidemment, certains diront que le Canada ne craint absolument rien. Rien n’est moins sûr. Car le pétrole, avant d’être canadien est albertain. L’indépendance de l’Alberta, limitrophe à sa frontière sud avec les États-Unis (vous savez, le pays qui a porté la prédation au statut d’idéologie doctrinaire et qui détient l’armée la plus puissante au monde), pourrait sérieusement changer la donne énergétique au pays.
Bien sûr les analystes du Monde Ancien (vous savez, ceux qui professent une croissance illimitée sur des ressources limitées) diront que je suis un taré. Bien leur fasse, on va bien voir dans la prochaine décennie qui est le plus taré de la gang.

Donc vous l’avez compris, avec le logiciel « Monde Ancien » (croissance illimitée sur des ressources limitées), on risque de rencontrer de très sérieuses contingences énergétiques aux conséquences potentiellement catastrophiques. C’est pourquoi le moment est venu d’effacer votre disque dur et d’installer le logiciel « Monde Nouveau », soit un monde permacultivé au sens très large du terme.

Là aussi j’ai tant de choses à vous dire sur la permaculture. Au fil des semaines, le puzzle va se compléter dans vos esprits.

Représentation d’un monde permacultivé

Règle de base de permaculture : la solution réside dans le problème.
Si le problème est la fragilité énergétique, la solution réside dans «moins d’énergie», et «sécurité énergétique». Comprendre qu’il faut dès maintenant considérer un mode de vie beaucoup moins énergivore, et beaucoup plus sécurisé en approvisionnement énergétique.

Règle de base de permaculture : la solution réside dans le problème

Il se trouve que nous recevons du soleil bien assez d’énergie pour être heureux au Québec. Pendant que nos prophètes de la croissance se féliciteront que la guerre fait tourner leur déesse la croissance, nous, de notre bord, nous nous féliciterons de ne pas participer à cette horreur, et nous cesserons de vivre sur des ressources limitées pillées à d’autres.

Essentiellement, dans notre malheur, nous avons été bénis par la chance. Nous avons un approvisionnement en énergie hydroélectrique qui est important, soit de l’énergie solaire convertie en énergie potentielle de pesanteur par les soins de Mère Nature, laquelle est convertie en énergie électrique par les bons soins d’Hydro-Québec.

Vue aérienne de la centrale hydroélectrique Manic-5

Nous vautrant dans notre bonheur, nous nous sommes englués le cerveau au point de ne pas réaliser la fragilité de ce bonheur.
Les lignes de hautes tensions sont des cibles idéales pour qui veut mettre fin à ce suicide programmé de la croissance.
C’est pourquoi à toutes fins utiles nous allons considérer que l’énergie hydroélectrique est extraordinaire, mais surtout nous prendrons l’hypothèse la plus sécuritaire : nous la considérerons comme temporaire (en croisant les doigts qu’elle tienne le temps de notre transition).

Règle de résilience : ne jamais prendre l’essentiel pour acquis. Pour l’essentiel (évidemment je ne parle pas de l’approvisionnement en crème glacée en plein mois de février à -10ºC), il faut un plan B, un plan C, etc. Ainsi, les commandes hydrauliques d’un avion de ligne sont toujours en triple. Comprenez bien que sans énergie vous êtes mort, et comme thermoindustriel sans énergie industrielle vous êtes mort.

Règle de base de résilience : ne jamais prendre l’essentiel pour acquis.

Or il se trouve que l’énergie industrielle, acheminée en réseau, est de fait certes la plus accessible et la plus naturelle pour nous, mais c’est aussi la plus vulnérable.

C’est pourquoi nous allons nous intéresser à l’énergie non-industrielle. Celle qu’aucune classe dirigeante pourra nous voler, nous taxer, et celle qu’aucun guerrier de la vie ne pourra interrompre : l’énergie solaire. Et même au Québec, les sceptiques seront confondus.

Un problème sans solution exige de l’adaptation

Voilà maintenant trois mois que je vous entretiens du problème. Et ce n’est pas un petit problème : il touche chacun de nous, dans chaque aspect de nos vies. Et même si peut-être c’est désagréable de le réaliser, le côté désagréable du problème ne change absolument rien à sa réalité : non seulement la croissance est au bout de sa corde, mais l’attitude de la très large majorité va nous coûter une décroissance désastreuse, potentiellement très violente. Pour s’en convaincre il suffit de voir les atermoiements des uns sur l’approvisionnement en ketchup et mayonnaise, quand ce n’est pas sur l’approvisionnement en crème glacée en plein mois de février à -10 degrés, ou bien les incitations impunies de tirer des balles dans des têtes, ou bien la protection du mensonge de la croissance de la part des personnes en charge…

Ne nous voilons pas la face : la très large majorité a choisi de réagir par le déni.

C’est triste, mais nous n’avons aucune prise sur les autres. Nous vivons dans une société qui a choisi le suicide sans jamais accepter de se l’avouer. Puisque presque tout le monde s’acharne à faire le party sur le Titanic, en ce qui nous concerne, nous courons vers les chaloupes. C’est exactement là qu’interviennent les mesures de résilience.

Il va nous falloir recréer un monde nouveau. Un monde qui a choisi de vivre envers et contre tout : c’est exactement la définition de la résilience, soit « l’art de passer au travers des épreuves ».

Ces épreuves qui nous attendent, nous les connaissons. C’est une difficulté irrémédiablement croissante d’accès aux ressources et à l’énergie. Pendant que les autres suicidaires s’efforceront de continuer à consommer dans ces conditions impossibles, nous faisons le choix de vivre autrement, de vivre une vie qui fera fi de cette impasse qui nous est imposée par la conjonction de la loi de la cupidité générale et des lois de la physique, et ni l’une ni les autres ne sont négociables. Gardons à l’esprit qu’il est urgent d’agir avant qu’il ne soit trop tard : ce n’est pas lorsqu’on est en situation de faillite que vient le temps de cesser de dépenser.

Alors après trois mois à vous parler du problème, enfin on va parler de solution.

La toute première solution, celle par laquelle commence toute votre démarche d’adaptation et de survie, là où vous quittez la voie du suicide pour choisir la voie de la vie, c’est reconnaître qu’il n’y a pas de solution. Ce problème de la croissance n’a pas de solution, et c’est pourquoi tout le monde réagit comme des chevreuils pris dans les phares d’un dix roues : ils gèlent. Jusqu’au choc fatal. Du moins le problème induit par la croissance n’a pas de solution qui s’inscrive dans la croissance. Or comme personne ne veut divorcer de la croissance, alors tout ce beau monde aura le résultat de ses actions.

Nous, nous choisissons faire autrement. Nous choisissons de ne pas rester dans les phares du camion, et nous allons surtout pas geler. C’est pourquoi pour nous, la toute première chose à faire pour nous, c’est reconnaître qu’il est physiquement impossible de rester dans la voie de la croissance sans se faire frapper par le camion. Il ne nous reste donc plus qu’une chose à faire : quitter la voie de la croissance.

Et cela va être la base de votre adaptation : la décroissance. Décroître c’est progressivement diminuer notre consommation de ressources et d’énergie, tout en s’arrangeant pour construire une vie dans laquelle s’épanouir.

Pendant ce temps-là, les junkies vont continuer à consommer, jusqu’à ce qu’ils en soient physiquement contraints à diminuer leur consommation, et là ça va pas être beau. Incapables d’être heureux avec moins, ils seront pour commencer malheureux. Puis le désespoir sera tellement grand qu’ils useront de violence pour obtenir leur dose de consommation. À titre d’exemple, Luc Lavoie qui veut tirer une balle dans la tête des autochtones pour avoir accès à sa mayonnaise et son ketchup. Que dire de ses réactions et des nombreux autres quand le carburant aura triplé de prix…

Finalement, cette période historique de notre vie nous invite à reconsidérer nos valeurs. Alors que le mensonge de la croissance nous a endoctrinés à croire que le bonheur réside dans la consommation, nous sommes invités à vivre un éveil spirituel par lequel il nous faut adopter un autre système de valeurs qui procure épanouissement et croissance intérieure.

Nous voici donc devant le défi non pas d’en faire bien plus avec bien moins, mais de faire bien mieux avec bien moins. Pourtant aussi rébarbatif puisse paraître l’objectif, de bonnes surprises sont en rendez-vous. En se débarrassant du superflu, on découvre à quel point il nous encombrait, il nous emprisonnait. Aussi fou cela puisse paraître, la démarche est libératrice. Par ailleurs, nous réaliserons à quel point certains aspects de nos vies sont loin d’être superflus, et méritent une attention toute particulière alors que lorsque nous étions consommateurs, nous attachions à ces aspects une attitude distraite voire négligente, ce qui ne manquait pas de nous nuire.

Cette attitude qui consiste à abandonner le navire m’est souvent reprochée comme égoïste. Le problème est que l’immense majorité des passagers veut envers et contre tout rester sur le bateau. Bien que leur choix me désole, il n’en demeure pas moins que nous avons très peu de prise sur leur décision. Si les gens veulent rester faire le party sur le Titanic jusqu’à ce qu’il termine de couler, cela demeure leur décision. Couler avec eux n’apportera rien à personne.

L’urgence est telle que nous n’avons pas le temps de tergiverser à n’en plus finir pour se mettre d’accord tous ensemble sur comment changer le monde avec du monde qui refuse de changer. Donc pour les gens conscients il ne reste que deux options : soit rester sur le navire et couler avec ceux qui font le party, soit déserter. Personnellement je ne vois rien de noble à couler avec la masse, et en fait, en désertant tout en le criant haut et fort, tout en indiquant où se trouvent les chaloupes, je crois que c’est faire preuve de bien plus de solidarité. Cela donne la chance aux autres, entre deux gorgées de plaisir fugace, de réfléchir un peu, et peut-être de leur donner les moyens de quitter le navire à temps.

Certains quittent le navire en silence, en se tenant très discrets. Par exemple le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a acquis une île en Nouvelle-Zélande toute équipée en fermage permaculturel, et se promène toujours avec un jet privé prêt à décoller à la minute près. C’est un fait sur lequel le principal intéressé, à ce que je sache, n’apprécie pas s’attarder en public. Je soupçonne un certain nombre de puissants, notamment des banquiers, de jouer la comédie le temps de s’enrichir tant qu’ils le peuvent, tout en se tenant prêt à s’exfiltrer en temps opportun. À titre personnel, je connais des individus qui ont déjà quitté le navire, qui ont embarqué en silence sur une chaloupe et qui se préparent tranquillement à la fin officielle du Monde Ancien.

Dans ce contexte, si ça soulage les nerfs de certains ne me traiter d’égoïste, qu’ils le fassent, je ne suis pas à ça près. Pourtant ne leur en déplaise, un jour comprendront-ils peut-être que ma démarche en est une de solidarité.

En autant que les événements nous en laissent le temps, nous aborderons de très nombreux domaines appelés à être révolutionnés par cette nouvelle donne qui arrive qui est la raréfaction de l’énergie et des ressources : l’habitat, l’alimentation, l’énergie, la soutenabilité économique, les relations sociales, le transport, la sécurité, la participation citoyenne, l’éducation, la santé, la solidarité sociale, etc. Tout est à réinventer, car tout est configuré sur un modèle qui a déjà commencé à chanceler, et qui va progressivement s’effriter jusqu’à l’effondrement.

Bien sûr, si comme collectivité nous acceptions de cesser enfin de nous mentir à nous-mêmes, nous pourrions faire un grand projet de société. Malheureusement la masse suicidaire nous écarte de cette option, et c’est pourquoi il nous faut faire cavaliers seuls tout en tendant la main aux autres conscients prêts à changer, c’est ce à quoi je m’attache ici. Je mise avec confiance sur le fait que la communauté des conscients et des adaptés vivra une croissance exponentielle, et que cette croissance vertueuse sera en mesure d’assumer une disruption de modèle de société à la hauteur de la disruption destructive que nous promet la masse actuelle.

Remontons-nous les manches, l’Histoire nous attend.

Comment s’y prendre pour faire du Canada une terre de non-droit, ou mieux encore, y déclencher une guerre civile

Imaginez un pays où la loi (donc le droit) exigerait de vous de jeter vos enfants du haut d’une falaise. Qu’arriverait-il? Hé bien vous ne respecteriez pas cette loi.

Maintenant imaginez un pays qui produirait des injonctions de justice (des ordres exécutables de la cour pour faire respecter le droit) qui obligeraient au démantèlement des groupes de personnes qui bloqueraient les voies ferrées pour faire cesser le développement d’énergies fossiles (en pleine faillite climatique garantie) sur leurs territoires ancestraux. Que va-t-il arriver? Hé bien ces gens ne vont pas respecter la loi. Parce qu’elle est tout simplement non-recevable, qu’elle attaque leur survie en tant que groupe et qu’elle remet gravement en cause les conditions de vie de celles et ceux qu’ils bordent tous les soirs après leur avoir posé un baiser sur le front.

Ce pays vous le connaissez bien, c’est comme disait Jean Chrétien : « le plus meilleur pays du monde, le Canada » (on laissera à Jean Chrétien ses prétentions…).

Donc quelle situation le non-respect des injonctions produit-il? Ça produit une situation où le droit est ouvertement bafoué (à juste raison). Ce qui fait la démonstration aux yeux de toutes et tous qu’après tout, le droit, la loi, est somme toute quelque chose de très relatif.

Comprendre que bon, la loi, après tout, pourquoi ne pas s’en foutre?

Mais comme si cela ne suffisait pas de faire du Canada une zone de non-droit, et ça c’est entièrement la faute de ceux qui ont placé les communautés défiantes en situation de défi de la loi, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas préparer une bonne guerre civile quand on en a la chance?

Alors voilà comment s’y prendre, et comment s’y prend à merveille notre premier ministre croissantiste (comprendre aussi habile qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine). Plutôt que reconnaître que les injonctions sont irrecevables en l’état, il déclare que si les injonctions ne sont pas exécutées c’est parce que les groupes en question sont armés jusqu’aux dents avec des AK-47.

Et comme c’est le premier ministre, il faudrait le croire. Surtout de la part de quelqu’un qui nous soutient mordicus (sans jamais expliquer comment) pouvoir faire de la croissance infinie avec des ressources limitées.

Que cela va-t-il provoquer? Une identification des groupes défiant la loi non pas comme des gens qui défendent leur territoire et l’avenir de leurs enfants et des nôtres en passant, mais comme des fous dangereux prêts à faire un massacre.

Ne nous y trompons pas. Ceux qui font le massacre, c’est ceux qui l’orchestrent savamment, à coups de GES pour s’enrichir, et à coups de dénonciations hasardeuses pour provoquer la haine envers des groupes qui les dérangent dans leur politique cupide et criminelle.

C’est ça, ce qui était « le plus meilleur pays du monde ». Les guerres ont toujours été orchestrées par ceux qui s’arrogent le droit de dresser les populations les une contre les autres. Et le Québec, qui se dit si pacifiste, n’y fait pas exception.

À moins que comme Québécois nous disions « Cette fois ça va faire. Dégageons ces criminels avant qu’ils ne commettent l’irréparable ».

Et tout cela pour quoi? Pour la recherche de croissance, laquelle n’est tout simplement plus possible, car pendue au bout de sa corde, et enfoncée jusqu’aux yeux dans ses crimes.

Lundi cinéma : Gaël Giraud offre des pistes d’avenir

Je reprends les lundi cinéma. La vente de ma maison, le déménagement, etc. m’ont tenu temporairement à l’écart de cette agréable habitude, mais ça revient.

Cette semaine je vous propose d’écouter les réflexions, importantes et sincères, de Gaël Giraud (prêtre jésuite et chef économiste à l’Agence Française de Développement).

Gaël Giraud ferme la porte sur le Monde Ancien et ouvre la porte sur le Monde Nouveau

Par contre je ne sais pas où il va chercher ses chiffres. Il parle de pic pétrolier toutes techniques extractives confondues en 2060, alors que l’Agence Internationale de l’Énergie, elle, parle de au plus tard 2025 (date reprise par de très nombreuses sources, et qui fait relativement consensus). Il parle aussi de passage du pic de cuivre autour de 2060. Moi d’après mes informations, et la simple étude du cours mondial de cuivre (ainsi que les réguliers vols de matériel de cuivre dans la région montréalaise), il me semble clair que ce pic a déjà été largement dépassé au début des années 2000 (à moins que d’importants gisements aient été découverts? À vérifier…🧐).

Néanmoins son diagnostic dans ses dimensions qualitatives est limpide, et ses propositions de traitement tout autant. Je pense que vous gagnerez beaucoup à lui accorder une vingtaine de minutes de votre attention.

Maintenant que nous savons que le Monde Ancien est condamné à mort, il nous faut dès maintenant travailler au Monde Nouveau. C’est l’invitation à laquelle nous convie Gaël Giraud.


Heureusement, il est enfin trop tard…

Nous avons atteint un état irréversible, et peut-être, si on ne s’obstine pas à creuser notre tombe, je dis bien peut-être, il va nous sauver.

Je parle de l’état d’irréversibilité induit par le blocus ferroviaire.

Une de mes motivations à fuir la ville et subséquemment à vendre ma maison, c’est lorsque j’ai réalisé la facilité, pour des raisons parfaitement justifiables, à des groupuscules de couper le courant de toute la métropole. C’est très probablement ce qui pend au nez de tout le monde en ville, et à quoi sert d’avertir quand la population refuse de comprendre les raisons justifiables pour lesquelles une telle atrocité aurait lieu? Si vous ne comprenez pas l’usage du mot « atrocité », je lance ma quatrième balle (-> Ravage de Barjavel). Si vous ne comprenez pas l’usage du mot « justifiable », vous êtes dû pour (re)lire le blogue au grand complet depuis le début.

Je prie chaque jour de toute mon âme pour que la société change avant qu’une telle atrocité ait lieu, mais je suis empreint de réalisme : ça n’arrivera pas. Un junkie ne se sèvre pas par lui-même avant d’être enfermé en cellule de confinement et de sevrage.

Sincèrement je ne soutiens pas une telle chose, mais croire qu’il est farfelu de l’envisager, c’est se comporter en chasseur de licornes. Puisqu’il est illusoire de sauver des inconscients, au moins je donne leur chance aux conscients. Je préfère me consacrer à sauver le plus grand nombre, aussi faible soit-il.

Et c’est là, que peut-être, *PEUT-ÊTRE*, le blocus ferroviaire intervient juste à temps pour nous sauver.

Tout d’abord, examinons la situation. Elle est très clairement explicitée par Casey Camp Horinek de la nation des Poncas d’Oklahoma.

Casey Camp Horinek pose clairement les enjeux : fini le niaisage, cette fois il est temps de se sortir la cire des yeux.

D’abord je profite de cette vidéo pour vous dire que comme thermoindustriel je prends acte de mes limites, et que je ne suis pas en mesure de préparer aussi vite et aussi adéquatement que requis mes enfants. C’est pourquoi je les confie régulièrement aux bons soins de membres des Premières Nations qui les initient à la Nature, non pas sur un écran d’ordi, mais dans la vraie vie. Peut-être mes enfants seront un jour en mesure de me sauver la peau, grâce au sage enseignement des Mohawks qu’ils reçoivent dans le cadre du programme Coyote. Après une seule session je les trouve bien plus débrouillards qu’il m’aurait été permis de l’imaginer, et ils attaquent à la fin de l’hiver leur seconde session. Juste comme ça… des fois que vous aussi vous avez des enfants et voulez leur offrir une assurance-vie…

Ici, les mal pris, c’est nous, les thermos. Les Premières Nations le savent, après tout ce qu’ils ont subi il serait facile pour eux de s’en réjouir, mais heureusement ils sont plus allumés et généreux que nous le sommes, ils nous tendent la main. Molly Wickham, porte-parole de la nation Wet’suwet’en, précise les choses :

Molly Wickam de la nation Wet’Suwet’en précise la situation.

Ils pourraient attaquer le réseau électrique, mais ils ne sont pas assez sans-coeur pour le faire. Ils s’en prennent au réseau ferroviaire. Ce qui est une façon bien plus respectueuse, bien moins cruelle, que celle qui ne manquera pas d’arriver de la part d’autres groupuscules si on persiste à se comporter comme des imbéciles dégénérés.

Et pourtant, regardez la réaction des thermos : elle suggère le pire.

Panique à bord parce que l’approvisionnement en ketchup et mayonnaise est affecté (quand ce n’est pas l’approvisionnement en crème glacée en plein mois de février, ce qui est révélé par un commentaire de l’article…)

Un commentateur cowboy, Luc Lavoie, qui incite à tirer une balle dans la tête des auteurs du blocus (comme quoi, il y a quand même bien pire que Mario Dumont), ce qui incite à une double inquiétude.

La première, c’est qu’au Québec, une contrée historiquement pacifique, une figure publique puisse s’autoriser à une telle suggestion en ondes. La deuxième, c’est que si je suggérais ici de tirer une balle dans la tête de Luc Lavoie, CE QUE JE NE FAIS PAS, je finirais la journée au poste de police. Bizarrement (ou non), Luc Lavoie savoure son dimanche en famille sans jamais avoir été inquiété.

Il est vraiment temps pour nous de se réveiller, car comme indiqué en début d’article, nous avons atteint l’irréversibilité.

Les Premières Nations se rassemblent et nous demandent une attitude respectueuse, sous peine d’en baver pour vrai cette fois.

Des militant non-autochtones ont bloqué l’accès ferroviaire de St-Lambert. Ayant suivi une formation en militantisme non-violent, je peux vous dire comment normalement ce blocage aurait dû finir. Les militants auraient défié l’injonction de justice à libérer la voie ferroviaire. Les policiers les auraient délogés les uns après les autres, quitte à attraper chaque manifestant à quatre policiers, un policier à chaque membre. L’opération aurait été filmée par les medias et par des manifestants avec leurs cellulaires. La vidéo aurait fait le tour du monde et la cause environnementale (qui en fait est la cause humaine, car c’est bien les humains et non la Nature ici qu’il s’agit de sauver) aurait gagné.

Hé bien les manifestants de St-Lambert ne se sont pas donné cette peine. Ils ont libéré la voie sans que personne ne les bouscule. Car ils savent qu’ils ont gagné : la démonstration a été faite que ce blocus bon-enfant ne fait qu’annoncer les prochains qui le seront bien moins, à moins que notre société de junkies consuméristes agisse de façon enfin responsable. En commençant, et ce ne sera qu’un début, par annuler l’installation du gazoduc. La surveillance et la protection des réseaux d’approvisionnement, qu’ils soient ferroviaire ou énergétiques, serait tellement énergivore qu’elle est matériellement impossible.

Et l’analyse de la journaliste allumée (oui oui, ça existe, même dans le Journal de Montréal) Josée Legault termine de clouer l’analyse de la partie d’échecs : nous sommes échec et mat.

Sans violence. Du moins si on a l’intelligence de coucher notre roi.

Heureusement, il est enfin trop tard.