Cette fois, on est vraiment dans la merde

Aujourd’hui, on fait original: on parle de coronavirus. Enfin je suis reconnaissant à la charmante petite bibitte de me permettre d’introduire un sujet passionnant et qui nous touche ô combien dans notre quotidien : la 💩 .

En matière de résilience on ne parlera jamais assez (et on en parlera encore énormément) de la capture d’énergie. Mais l’attitude pratico-pratique de mes concitoyens qui dévalisent les Costco en papier hygiénique me rappelle qu’il n’est pas inutile de parler d’évacuation des déchets. En passant, voir les gens à court du précieux papier se jeter sur les mouchoirs en papier et les Scott-towels (essuie-tout) me laisse croire que certains plombiers suspendent en ce moment des affiches à l’effigie du virus au-dessus de leur lit…

Nous allons aller du plus hard-core vers le plus naturel et bucolique.

On commence avec la solution hard-core, celle que tout le monde y compris sûrement vous-même utilise : le papier « hygiénique ». Cette fascinante vidéo que je recommande chaudement vous démontrera que le papier hygiénique est du point de vue purement fonctionnel sous-optimal, et que l’essentiel de sa réussite est d’étaler la 💩. Bien sûr je ne vous recommande pas des vidéos de 💩, celle-ci est réellement intéressante car elle utilise le prétexte de la 💩 pour vous intéresser à un sujet fascinant : le rapport social de l’homme aux innovations. Rapport qui mène l’homme à étaler quotidiennement sa 💩 plutôt que l’ôter et la nettoyer de façon réellement hygiénique. La vidéo et les explications de l’analyste valent vraiment le détour.

La solution-problème : le traditionnel PQ.

Cette solution n’en est pas une. C’est un PROBLÈME. Car si vous reprenez ma conférence et le modèle d’analyse que je propose (analyse ressources/énergie/rejet), le tableau est tout simplement 💩-ique. Imaginez tous les arbres qu’il a fallu raser pour faire ces quantités astronomiques de PQ. Imaginez tous les écosystèmes qui sont ainsi détruits. Imaginez toute l’énergie qu’il a fallu mobiliser pour récolter les arbres, puis pour les transformer en PQ. Imaginez tous les rejets qu’il a fallu occasionner pour blanchir la pâte à papier. Imaginez toute l’énergie qu’il a fallu dépenser pour acheminer le précieux PQ dans les réseaux de distribution (et plus souvent qu’autrement emballé dans du plastique jetable). Imaginez les combats aux corps-à-corps auxquels ils vous faut vous livrer dans les points de distribution pour vous procurer le précieux PQ en pleine épidémie de coronavirus. Et tout cela pour rendre un endroit naturellement rose encore plus brun.

Avec le papier hygiénique, on est vraiment dans la merde, et grâce à votre ami Nafnaf, ça ne va pas durer éternellement.

On passe à la solution 2.0 : le bidet.

Il s’en vend des quantités de modèles, du plus basique au plus high-tech. Vous le devinerez aisément, les modèles high-tech se font mortellement pincer à l’analyse ressources/énergie/déchet. Systématiquement, dans les bidets comme ailleurs, les solutions les plus robustes, les plus résilientes, les plus économiques, les moins énergivores, les moins gourmandes en ressources, les moins génératrices de déchets, les plus démocratiques, les plus réparables, bref les plus « Monde Nouveau » sont les solutions low-tech.

Et c’est avec fierté que je vous propose une création québécoise bien de chez nous, qui ne fleure pas la sève d’érable mais presque : le bidet Bidex.

Il est distribué par la compagnie Pro-vac.

Imaginez les économies de toutes les horreurs précédemment détaillées avec le papier non-hygiénique. Car cette fois, avec le bidet, le résultat est réellement hygiénique : lorsqu’utilisé correctement (plusieurs va-et-viens rapides de la manette) le résultat est parfaitement rose et naturel.

Quand vous irez vous cogner le nez sur des étalages vides de papier non-hygiénique, ou contre le poing d’une rivale pour l’obtention de la précieuse non-solution, vous aurez une pensée pour votre lecture de l’instant.

Mais, voyez-vous, ici sur ce blogue on va encore plus loin. Il nous faut cette fois la solution de l’adaptation profonde. Celle qui allie le renoncement (je sais pas pourquoi, je pense que rendu là vous pourriez aisément vous imaginer renoncer au papier non-hygiénique), résilience et réparation.

Car notre bidet, bien que très supérieur au papier non-hygiénique, est tributaire d’un réseau d’aqueduc sous pression. Donc tributaire d’un réseau énergétique, habituellement électrique, donc susceptible de rencontrer de très sérieux problèmes dans les années ou secondes à venir.

C’est pourquoi il nous faut parler de la solution ultime 3.0 : le fumain (mot-valise pour fumier humain). Je voudrais tellement vous partager la vidéo de mon prof de permaculture, Geoff Lawton, se plonger les mains avec délectation dans un fumier humain adéquatement composté (et donc totalement sain et dépourvu de pathogènes), qui fera un excellent engrais pour la culture d’auto-suffisance : on boucle la boucle du carbone, de l’azote et du phosphore. Malheureusement les vidéos de Geoff sont restreintes aux accès de ses étudiants (sauf les vidéos gratuites sur le lien que je vous ai précisé).

*** MAJ 2020/03/15 : vous voulez voir du fumain, et comment on le valorise? J’ai trouvé ce petit bijou pour vous 🤗 ***

Je vous le garantis, le fumain c’est l’avenir et la parfaite solution en adaptation profonde.

Les toilettes de l’avenir : sans énergie, en ressources renouvelables et produisant des ressources renouvelables.

Quand je serai sur ma ferme en train de produire mon propre compost pour mes cultures d’auto-suffisance, j’aurai une pensée triste en pensant aux combats au corps-à-corps dans les épiceries pour du papier non-hygiénique qui aura fait raser des forêts et polluer des rivières. J’aurai aussi une pensée triste pour tous les gens qui vivront des coupures de courant majeures et qui devront vivre avec des toilettes qui n’évacueront plus et des bidets qui ne fonctionneront plus.

Bref, je penserai avec tristesse et compassion aux souffrances du Monde Ancien, ce monde de 💩, et après avoir terminé ma besogne terrestre je me relèverai et me tournerai vers le Monde Nouveau, ce monde qui tourne le dos à détruire et consommer et qui au contraire choisit de réparer et mettre la bienveillance du coeur et de l’esprit en action, jusque dans les recoins les plus intimes.

4 réponses sur “Cette fois, on est vraiment dans la merde”

  1. Parfaitement en accord, encore une fois. Depuis qu’on chie dans de la porcelaine, la nature est volée… Prendre tout et tout jeter est l’art du capitalisme… La facture finale ne sera pas sur une feuille de papier, malheureusement.

    1. Très bien résumé Luc. Tristement 😢
      Heureusement, toute cette horreur est à la veille de finir, et aussi terrible cela va être, cela sera aussi très libérateur. On en aura fini avec ce gros furoncle d’avidité généralisée, prédatrice et auto-destructrice.

      1. Je souffre du désarroi de mes plus proches en face des pertes qu’ils anticipent soudainement… Cela signifie entre autre que depuis des années, ils me prennent pour un illuminé… Ma fille, désespérée à la perspective de perdre tant de cet univers (qu’elle aime), m’a déclaré: « Forcément, toi, tu dois être ravi!, Tu n’attendais que ça… » . Voilà, tout le ravage du capitalisme! Des illusions envers un bonheur matérialiste, constitué de besoins inutiles qui asservissent l’homme plutôt qui’il ne le libèrent… Tout le troupeau tombe dans ce piège insensé… J’espère qu’ils vont commencer à se réveiller. Puissent-ils surtout intégrer les aspects positifs de cette situation, comprendre enfin, s’informer, s’instruire et s’adapter. Mais c’est pas gagné!
        (…) J’ai vu Perros-Guirec sur ta page… J’y faisais une course de catamarans lorsque j’étais jeune. Je suis de Granville/ St Malo. Bonne transition!

  2. C’est là Luc qu’on réalise que le néo-Darwinisme n’est pas un courant d’opinion, c’est une réalité bien réelle : celles et ceux qui s’adaptent passeront au travers, les autres non.
    Après des années de militantisme écologiste, j’ai compris qu’assez peu voulaient s’adapter, et encore moins avaient les capacités de le faire.
    Ceux qui voudront rester dans le Monde Ancien couleront avec lui. Nous pouvons au moins tendre la main à ceux qui veulent le quitter pour les aider à le faire avant qu’il ne soit trop tard.
    Nous ne sauverons pas le monde de sa folie, et il va en mourir. Sous nos yeux.
    Armons-nous d’intelligence et de bienveillance pour passer au travers de ce qui vient.

    (La planète est vraiment petite 😉, il faut reconnaître que les Bretons sont de grands voyageurs 😉)

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